REPORT – Astropolis, dans la brume électronique Brestoise

Les 2 et 3 juillet derniers, une partie de l’équipe a passé quelques jours sur la côte ouest, histoire de rendre hommage au Festival Astropolis qui fêtait dignement ses 22 ans.

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Electric Rescue © Souenellen

Il a vu le jour dans un champ finistérien au début des années 90, organisé par un crew d’étudiants nommés « les sonics ». Il s’est déplacé depuis entre le château de Kériolet à Concarneau, le parc expo de Lorient… pour finalement poser ses caissons aux portes de Brest en 2001. Astropolis fait depuis vibrer les murs d’un incroyable manoir en ruine, qui se cache au fond du bois de Keroual.

© Maxime Chermat Photography - www.maximechermat.com
© Maxime Chermat

Mais Astro, c’est surtout la ville de Brest qui est investie pendant 3 jours de DJs venus d’ici et d’ailleurs venant mixer dans un parc, sur une croisière, en boîte, au petit matin, sous la pluie… et rien n’arrête les 24000 festivaliers qui, jusqu’à la dernière heure, vivent au rythme de la techno.

Pour nous, tout commence vendredi soir sur le port, au bar du Ptit Minou, où le collectif brestois Phenüm propose à un de leur DJ, Poing, de faire l’ouverture du festival accompagné de deux poulains du label Lyonnais BFDMJudaah et James Tarba se passent la main sur la petite scène pour un live assez underground, devant un public chaud bouillant.

Phenüm Starter - Judaah - Julio Ificada
Judaah © Julio Ificada

Ambiance électrique, Astro ne fait que commencer, le bar est blindé, et ça ne s’arrête pas de danser.

Pendant ce temps là, de l’autre côté de la rue, les murs de la Carène (spacieuse et géniale salle de concert) tremblent grâce aux sets endiablés de Nastia, Renaat et Paula Temple. Les plus motivés s’en iront suer à la Suite, club à une centaine de mètres de là, où jouent Mad Rey, Roman Flugel et Dan Shake, pour finir à l’aube.

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Mad Rey © Souenellen

On préférera une fin de nuit au calme, avant d’attaquer le lendemain un véritable marathon Brestois.

Samedi, première étape : le classique Mix’n’boules et sa Station Rose, qui à lieu tout les ans place Guérin, repère de boulistes en dérives et d’étudiants à l’apéro facile. Mais ce samedi, c’est ambiance house à paillette, boules et canettes. Le soleil est là, la caravane aussi.

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© Souenellen

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© L.Vanoni

© Alban Gendrot - http://fb.me/agendrot

© Alban Gendrot

On se dirige vers le lavoir de St Martin, à quelques centaines de mètres de là. Espace dégarni et cloisonné entre deux bâtiments, il est investi aujourd’hui par le label NVNA, qui propose à ses artistes résidents d’y jouer des sets deep et expérimentaux tout au long de la journée. Des longues plages d’ambient aux douces montées noise, le lavoir s’emplit d’une ambiance calme et concentrée; bien à part quant au reste du festival.

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© Souenellen

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© L.Vanoni

On continue à descendre l’artère principale de Brest, qui mène place de la Liberté : cet espace monumental est aujourd’hui transformé en « Astro boum » pour les beaux yeux du festival. Les deux marsupilamis que sont les DJ’s Blutch et Cuthead font groover parents et enfants à base de funk acidulée et beats bien dansants tout l’après-midi. Plus proche d’une baby-party que d’une rave, nous ne sommes pas vraiment le public visé… on continue donc notre ballade pour arriver au chaleureux parc de Beau Rivage.

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© L.Vanoni
© Maxime Chermat Photography - www.maximechermat.com
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© Maxime Chermat

Guidés par les basses qui s’infiltrent dans la ville, un millier de personnes répondent déjà présents, agglutinés sur les buttes du parc qui surplombe le port, face à la mer. Vue imprenable et petite scène montée la veille sur laquelle on voit Maud Geffray et la DJ Parisienne AZF se passer les commandes de l’un des meilleurs befores de festival. Sur des sonorités acid accompagnées de rayons de soleil, la foule se déhanche grâce à l’énergie folle de AZF… et on oublie presque que l’après-midi feint de se terminer.

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© Alban Gendrot

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Maud Geffray © Maxime Chermat

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© L.Vanoni

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AZF © Souenellen

Le départ au manoir, c’est une autre étape.

Toute la ville est secouée par l’évènement Astropolis, on croise des allumés en cirés partout; et la techno a bel et bien investie Brest. Mais il faut amener cette foule jusqu’aux portes de Keroual… en navette. Ou comment faire rentrer 13000 personnes en état discutable dans un bus de taille moyenne, tout ça avant 1h du matin.

Et n’oublions pas que ce soir, c’est pluie, pluie, pluie, gadou, et pluie. Donc on oublie tout sens du style et on pense pratique : bottes de pluie, cirés, capuches, et tout ça finira bien sale à la fin de la nuit. Parce que Astro, c’est aussi des batailles de boue, des roulades sous la pluie et autres autos-tamponneuses. Mmmh.

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 © Maxime Chermat

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La Cour © Souenellen

Le concept principal de cette nuit, c’est tout de même la musique : 4 scènes (tremplin, La cour, Astrofloor et Mekanik et un chill-out) qui vacillent entre la hard-teck la plus pure, des sets d’ambients bien perchés et des grosses sessions techno devant 10000 personnes.

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Chill Out et Tremplin © Maxime Chermat

C’est donc devant le parrain de la deep-house Kerri Chandler que l’on tâte les prémices de l’ambiance d’une longue nuit. Parfaitement maîtrisé, son set se finit au moment où la Djette Helena Hauff prend les commandes de la cour à l’heure de pointe.

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Kerri Chandler © Maxime Chermat

Et la couleur est annoncée : un set instra-mental et acid qui nous scotchent, tandis que les Venetian Snares s’attaquent à la scène Mékanik.

S’en suit le set de Len Faki, malheureusement bondé pour cause de déluge à l’extérieur. C’est le moment d’oublier que c’est bien de la bière qui coule dans nos cheveux, et que le minimum d’espace vital qu’on avait réussi a garder autour de nous va être réduit à néant. Mais le live est tellement puissant qu’il fait passer la pilule.

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Len Faki © Maxime Chermat

Il passe la main à Electric Rescue alors qu’on va se ressourcer un peu sous les grands arbres de Keroual, avant qu’Agoria entonne sa prière. Ce dernier nous fait voyager, comme toujours, et reprend des gros classiques… qui ne sont jamais désagréable à entendre.

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Agoria © Maxime Chermat

On déguerpi malgré tout avant la fin, en essayant vainement de décoller nos semelles du sol, pour aller retrouver le DJ britannique Andrew Weatherall  qui envoûte la Cour avec un set délicieusement planant. Malgré le soleil levé, il reste une belle équipe de festivaliers dansant, mouillés et heureux. Un groove infini s’installe, et redonne le sourire après 7h de gadou et de galère. Probablement un des meilleurs live de la soirée.

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Andrew Weatherall © Souenellen

Difficile de quitter cette Cour, qui nous a presque calmés, pour aller se re-propulser dans le live énervé de Maceo Plex. Clôture en grande pompe et festivaliers encore sur-chauds. On quittera le site juste avant le clappement de fin, histoire de prendre la navette avant que l’ondée des derniers – milliers – de cramés du petit matin ne la prenne d’assaut.

Astrofloor - Maceo Plex closing - Julio Ificada

Maceo Plex © Julio Ificada

Les rues de la ville sont investies par des festivaliers à la recherche de la gare, où un train spécial Astropolis les ramènera à la réalité des villes alentours qui se réveillent doucement. Le hall ressemble à un champ de bataille, qui aurait finit sur une victoire. On y prendra un café, faute de bistrot ouvert à cette heure là, avant d’aller rejoindre tranquillement une Morphée bien avancée.

Dimanche, heure de la ballade pour nous, et de la croisière Azenor dans le port de Brest pour les chanceux – avec les collectifs rennais Vielspaß et Chevreuil. Puis arrive l’heure du traditionnel et ultime concert au Vauban.

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4h: C’est au tour de  The Driver (aka Manu le Malin) d’entonner les vibrations du dernier set dans les sous sol de la salle mythique, après les deux lives de Damiano Van Erckert et Fred Hush.  Et de clôturer encore une fois cette belle édition.

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Clap, clap, clap Astro.

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Report réalisé par Louise Vanoni

© Vidéos : Sourdoreille 

© Photos : Alban Gendrot – Maxime Chermat – Souenellen – Julio Ificada – Louise Vanoni