ITW ISAKIN x UTOPIE TANGIBLE

Isakin c’est avant tout une histoire d’amour. Celle de la sappe, la vraie par excellence. Une histoire fraternelle allant au delà du 18ème arrondissement. L’équipe d’ Utopie Tangible s’est rendu 9, rue André Del Sartre dans le fief de l’incorrigible duo fondateur de la marque de streetwear premium. Thomas était membre du groupe de rap Octobre Rouge, Alex quant à lui fit ses preuves en tant que graphiste puis directeur artistique. Tout deux, étaient prédestinés à sortir de terre, la griffe urbaine aux rondeurs populaires : Isakin. Le goût pour l’authenticité les rapproche, c’est un perfect combo et sur la toile l’ascension est fulgurante. Nous avons eu la chance de passer un moment avec eux et avec générosité, ils nous parlent de leur backgrounds mais aussi des valeurs qu’ils veulent véhiculer au travers de leur brainchild. Mode et Musique, il ne nous en fallait pas plus….

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Utopie Tangible : Pour ceux qui ne vous connaisse pas encore pouvez-vous vous présenter ?

Thomas : Je m’appelle Thomas. J’ai commencé dans la musique au sein du groupe de rap français Octobre Rouge. Pendant plusieurs années,  nous avons fait des tournées, des concerts, mais aussi tourné de nombreux clips. Pour ma part, je m’occupais également du label qui gérait le groupe. Sinon au niveau professionnel, il y a deux expériences qui m’ont marqué : la 1ère était celle de 360 Communication où j’ai appris les rudiments du marketing : comment lancer un produit ect… Au sein de cette boîte, je m’occupais d’une division nommée « passe-passe », on a commercialisé les premières mixtapes en France. Enfin la 2nde acquise grâce à ma propre société P21 en 2005. Là, il était plutôt question de distribution et/ou de services marketing pour de nombreuses marques (Keep, Obey, DISSIZIT, New Era ect)

 

Alex :  Moi c’est Alex, à l’origine je suis graphiste, j’ai beaucoup travaillé dans le milieu du skate, notamment dans un magasin de skate à Paris, Street-Machine, assez connu dans les années 90. Je m’occupais de l’image de marque de la boutique, mais aussi des dessins sur certains t-shirt ect… Ensuite chez travaillé aux États-Unis comme DA chez Ethniz ainsi que dans le milieu de la musique. J’entrais en compte au moment où il fallait créer des pochettes de disque, logo pour des labels ect…  J’ai bossé pour 113, Oxmo Puccino, Neg Marrons, Première Classe, Kery James. C’est à ce moment où l’on s’est rencontré avec Thomas. On a bossé ensemble sur de nombreux projets, on est resté en contact  depuis et nous y voilà aujourd’hui.

UT : Quelle serait selon vous (et vos envies) la parfaite définition du mot Utopie ?

A : Moi je suis bien trop rationnel, pour m’aventurer là-dedans ! (Rires)  Je fonctionne comme un tableau Excel, l’utopie dans un tableau Excel, ça ne rentre pas ! (Rires)

T : Sans vouloir être trop idéaliste et pour rester dans le thème, l’utopie serait que la marque Isakin existe pleinement, car pour l’instant nous n’en sommes qu’aux balbutiements de la marque, pour ne pas dire les débuts !

UT : Cet ITW sera légèrement différent des autres, car vous jonglez avec les domaines de prédilection de la rédaction UT. Parlons mode pour commencer : pouvez-vous, nous parler de la marque Isakin ?

A : On a tous les deux nos backgrounds, moi qui vient du skate, Thomas qui a fait ses preuves dans le milieu de la musique, comme on le disait précédemment… Mais cette marque est aussi liée au quartier. On trouve que c’est un quartier qui est jeune, dynamique mais peu exploité ou du moins c’est en train d’évoluer. C’est là qu’on a trouvé qu’il y avait un vide, qu’il y avait clairement une opportunité  à saisir.

UT :  Est-ce-que le mot Isakin a une signification ?

T : Aucune ! C’est un nom purement abstrait ! C’est plutôt une consonance qu’on trouvait cool !

UT : Il me semble que les locaux ont une histoire, pouvez-vous nous en dire plus ?

A :  Oui ! Quand nous avons repris les lieux, c’était un atelier d’activité pour enfants, nous avions décidé de faire des travaux et c’est à ce moment que l’on s’est aperçu que c’était une ancienne boucherie il y avait le carrelage blanc au mur, des carreaux de ciment polychrome au sol qui avaient été totalement recouverts ect.. C’était une très bonne surprise, donc nous avons essayé de garder ses éléments anciens pour l’ambiance de la boutique. Le boucher à la retraite quant à lui, habite encore l’immeuble, il nous soutient et passe nous voir de temps à temps à la boutique,  il est hyper sympa !

UT : Quelle est la clientèle d’Isakin ?  Décelez-vous certaines disparités ?

T : Oui ! Il y a trois types de clientèles. La première étant locale, ce sont les gens habitent le quartier, plutôt middle-age, entre 30 et 45 ans. Ensuite, il y a une clientèle vraiment touristique, avec une amplitude au niveau de l’âge assez étendue. Cela peut aller du super jeune, au touriste vraiment âgé. Enfin, il y a une clientèle beaucoup plus avertie, qui vient pour les produits que l’on commercialise, qui sait ce qu’elle cherche et qui par exemple va venir pour un pull Norse ou un pull Isakin. Donc on s’est retrouvé confronté à ça, on s’était fait des idées. Nous avons compris assez rapidement, que nous avions la chance de pouvoir toucher différents publics en terme de clientèle et que des personnes aux motivations différentes pouvaient être comblées chez Isakin. Donc on essaye de combler tout le monde avec cohérence.

UT :  Vous avez l’air hyper fiers des gens que vous représentez, si demain on vous donnait une somme rondelette pour déménager dans un autre quartier parisien, seriez-vous prêts à le faire ?  Si oui, où ?

T : Ah Non ! On a la chance quand même, d’avoir un quartier qui est vivant, qui a une réelle image, c’est évident pour nous de représenter le quartier.

A : Déménager non ! Mais une deuxième boutique pourquoi pas ! Il faudrait tout de même que la marque reste enracinée ici, donc la deuxième boutique serait forcément affiliée à celle-ci. Et puis même, avec les pièces que l’on peut faire assez représentatives du quartier on arrive à toucher une clientèle venant de Bordeaux, Genève ect. Donc le rayonnement est assez fort !

UT : On rappelle qu’Isakin se concentre essentiellement sur l’homme, à quand une ligne féminine ?

A : C’est vrai que beaucoup de jeunes femmes, sont déçues en entrant dans la boutique en ne trouvant pas de rayon féminin mais au bout de la xième requête, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose…

UT :  Parlons du pull ‘Barbès parle arabe‘ Comment vous ai venu l’idée ?

A : En déconnant ! (Rires) Par contre pour la petite histoire, on est allé plus loin dans le raisonnement en se disant «  pourquoi ne pas le marquer en arabe » au lieu de le marquer en toute lettres ! Donc ça a fait rire beaucoup de gens et en sortant pendant la Fashion Week, beaucoup de personnes m’en ont parlé. Ce qui était intéressant aussi, c’est ce que ça a vraiment plu aux femmes !

T : Il  y a eu une réaction unanime !

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UT : J’ai l’impression qu’il y a vraiment un univers rap/hip-hop autour de la marque… ?

T : Exact ! Comme on disait Alex a bossé sur de nombreuses de pochettes de CD, moi j’ai fais des featuring avec de nombreux rappeurs, je les connais maintenant. J’ai aussi bossé avec certains d’entre eux pour des co-brandings ect.. du style Oxmo Puccino. Ce sont des amis qui font un parti de la famille étendue d’Isakin, Oxmo Puccino, Deen Burbigo…

A : Mais ça reste spontané ! Ce qui est cool, c’est que la génération de Deen and Cie sont en terme de goûts vestimentaires, un peu plus ouverts. On retrouve moins l’uniforme hip-hop. Ce sont des fanas de la marque Norse par exemple et arborent des looks plus éclectique

UT : D’ailleurs Thomas, tu faisais parti du groupe de rap Octobre Rouge, peux tu nous en parler brièvement ?

T:  Bien sûr ! A la base Octobre Rouge est un groupe de rap indépendant, nous avions notre propre label et faisions tout nous même (maxi, clips, pochettes ect..). J’ai toujours été passionné par la musique et les chiffons, comme quoi tout est lié. Je garde de très bons souvenirs de ces années rap, je suis hyper fier du parcours que l’on a eu avec le groupe.

UT : Mode ou Musique : Pourriez-vous faire un choix ? Si oui, lequel ?

A : Thomas a déjà choisi (rires !) j’ai travaillé dans la musique indirectement, mais aujourd’hui si on parle en terme d’ économie, l’economie de la musique est moins existante qu’auparavant. En terme de clip, de budget pour les photos, les pochettes ect. Entre le déclin des ventes physiques des skeuds et l’accessibilité des outils numériques, on arrive à créer un truc assez qualitatif.

T : Entre aujourd’hui et maintenant il y a un monde !  Avant il n’y avait pas Internet. Avant tu étais rappeur indépendant et quand tu sortais ton disque tu pouvais le mettre sur le marché, car il y avait des distributeurs indépendants.  Aujourd’hui si tu n’est pas signé tu ne peux pas mettre ton disque dans les bacs. D’ailleurs pour philosopher un peu (rires) je vois des beaucoup de similitudes entre le monde de la musique qui s’est restreint et le business du textile où d’un seul coup, il y a beaucoup de monde, les réseaux de distributions sont surchargés, les magasins sont assaillis.

UT : Avec qui, Thomas pourrais-tu faire un feat. Utopique ?

T :  Avec Dj Medhi !
UT : Une collaboration mode loufoque ?

A : Personnellement, je trouve que nous sommes encore jeune, que notre ADN n’est pas assez développé pour se mélanger à d’autres. Je suis pas contre mais ça été fait et refait…

T : Peut être un rêve : avoir les meilleures conditions de productions en France. Pas forcément de nom à te donner, mais ce qui est sûr c’est que ce serait plus avec un artiste, type musique ou autre !

UT : Pour finir quelles sont vos actus ou évents ?

A : On va sortir quelques accessoires pour le printemps, type, écharpes, Bob et nous allons surement rééditer le ‘Barbes parle … ‘ en t-shirt pour le printemps !

UT : Merci les gars !

Entre les pittoresques escaliers de Montmartre et l’énergie multi-culturelle de Château Rouge, découvrez la sélection pointue que vous propose les créateurs de la marque Isakin !

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