INTERVIEW x XYWHY


Nous avons échangé avec XYWHY, le Hip-Hop Live Band parisien qui a le vent en poupe depuis la sortie de son premier EP en fin d’année dernière. Emmenés par le MC de Philadelphie Theorethoric, les 5 amis ont de nombreux projets qui verront le jour en 2016 et notamment une très belle date : la première partie de Jeru The Damaja concert organisé par Verveine Production aka La Mamie’s. On évoque tous ces sujets un peu plus bas.


 Interview XYWHY

♦ XYWHY est composé de 5 amis, pouvez-vous présenter rapidement. Si on devait faire un retour en arrière, étape par étape, comment ce groupe a-t-il vu le jour ?

On s’est rencontrés et on a commencé à faire du son en 2010 avec le trio instrumental de base (Luc – drums, Fab – basse et Aelred – keyboards/samples). C’est en 2012 qu’on a rencontré le rappeur Theorethoric, et qu’on a intégré Olivier (trompette/keyboards) au groupe.

On a sorti notre premier EP en 2014 et les dates ont commencé à s’enchaîner, avec quelques belles premières parties (Soweto Kinch, MURS, The Coup, Pigeon John et plus récemment Blackalicious).

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♦ Comment se prononce XYWHY ?

Simplement, la prononciation anglaise des trois lettres: X, Y, Y.

♦ La rencontre avec Theorhetoric sonnait-elle comme une évidence pour vous ? Etiez-vous à la recherche d’un rappeur américain ou un français aurait fait l’affaire ?

Oui effectivement, les grands classiques du hiphop des années 90 sont nos influences majeures (Slum Village, A Tribe called quest, The Roots, Madlib,…).

L’idée c’était de faire un projet avec du rap en anglais quoi qu’il arrive, car pour nous c’est le langage du hiphop. On a même commencé avec des potes français qui rappaient en anglais.Trouver un rappeur américain à Paris n’était pas gagné, mais le hasard fait bien les choses !

♦ On décrit votre groupe comme étant la rencontre entre musiciens à la double culture Jazz et Hip-Hop. Quels sont les artistes de ces courants qui vous ont influencé ? Y-a-t-il d’autres styles musicaux, la musique électronique par exemple qui vous inspirent ?

C’est vrai ! On écoute autant de jazz que de hiphop, voire plus. XYWHY est un projet dédié uniquement au hiphop, même si notre approche musicale et notre manière d’envisager la musique viennent du jazz. Il y a toujours eu du jazz dans le hiphop Old School : Ahmad Jamal, Bob James et Donald Byrd font partie malgré eux de l’histoire de cette musique.

Il y a des albums qui ont marqué cette mouvance comme « Do You Want More?!!!??!» de The Roots, « The Low End Theory » de A Tribe Called Quest, « Hand On The Torch » de US3, et plus récemment « Rebirth of Cool » de Dj Cam ou « Clin d’Oeil » de Jazz Liberatorz.

Aujourd’hui nos influences sont multiples, autant la scène «Beat» européenne comme Onra, Full Crate ou encore FS Green, que l’équipe de Robert Glasper avec Chris Dave. Dernièrement, on écoute beaucoup la scène «Future» de Los Angeles (Brainfeeder, Soulection, etc…). Mais attention, à la maison on écoute tous Coltrane, Rollins et Bill Evans !

♦ Je trouve très intéressant que vous ayez pris le parti de développer un projet live pour y lier la dynamique du sampling hip-hop à une dynamique portée sur les instruments. Comment la conception d’un titre se passe-t-elle ? L’improvisation sur scène a une place assez importante, est-ce le cas également en production ?

Il y a autant de manières de procéder que de morceaux, pas de recette particulière…

On peut aussi bien partir d’un sample, d’un beat, d’une ligne de basse, d’une tourne de rhodes… Puis on développe autour de cette idée, on approfondit, on cherche… Souvent on s’aperçoit que le morceau final est très loin de l’idée de base. Elle a parfois même complètement disparu, mais c’est elle qui nous a permis d’en arriver là !

Sur le premier EP, il y a de tout. Par exemple, «The Kite» est une improvisation avec les bandes qui tournent en studio, alors que «Lounger» est une prod écrite de A à Z.

En live, on se laisse plus de libertés pour que ce soit plus vivant qu’un DJ qui balance un son derrière des platines. Il y a de l’interaction, des solos de trompette et des parties improvisées qui font qu’un morceau n’est jamais vraiment le même d’un live à l’autre !

♦ Vous avez eu droit à de nombreux remixes comme Mr Bop qui a retravaillé Scifly, le belge Shungu pour Lounger et les parisiens Villanova pour E.O.A. Comment ces opportunités se sont-elles présentées. Que pensez-vous que ces artistes aient apporté à ces titres ?

On a cherché à avoir des personnalités musicales très différentes pour chaque remix, comme les morceaux de l’EP finalement. On avait plus ou moins en tête quel titre proposer à chacun. Par exemple, «Scifly» était typiquement un morceaux pour Mr Bop (Dj Damage) selon nous. On avait bien senti les choses car c’est celui qu’il a choisi lorsqu’on lui a envoyé l’EP.

On écoute tous du Jazzlib et c’est un honneur d’être remixé par une de nos influences, la boucle est bouclée !

♦ Si vous deviez utiliser un adjectif pour qualifier chacune des cinq tracks de votre dernier EP, à quoi on aurait droit ?

Lounger > Future

The Kite > Ascendant

Scifly > Interstellaire

Diamonds in the Rough > Dirty

E.O.A > Hymnique

♦ Vous avez récemment organisé une date au Café de la Presse. Quelles sont les prochaines dates ? Y-a-t-il une tournée prévue ?

Oui une très belle date est prévue. On fait la 1ère partie de Jeru The Damaja au Divan du Monde le 14 janvier 2016. Immanquable !!!

♦ J’ai entendu dire qu’un nouveau projet sortait en 2016. Il sortira en auto-production ou vous avez signé avec un label ? 

Le 1er EP a été entièrement fait en Auto-Prod et distribué par Modulor. Depuis la rentrée, on prépare un nouvel EP qui s’annonce lourd avec beaucoup plus de featurings.

♦ Question générale, quel album a particulièrement retenu votre attention cette année ?

On est cinq, on est généreux, on vous en donne cinq:

Jadakiss – #T5DOA mixtape

Hiatus Kayote – Choose your Weapon

Walter Mecca – Waltaa

Kendrick Lamar – To Pimp A Butterfly

Mehliana – Taming the Dragon

♦ Question que l’on pose à chaque interview, dans une utopie, si vous deviez choisir un artiste, mort ou vivant, peu importe la discipline artistique, avec qui collaborer, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Gérard Depardieu ! Pour s’émouvoir !

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